Je suis très conscient de ne pas avoir donné de nouvelles sur ce blogue quant au résultat de mon exercice public dont j’ai amplement parlé au printemps dernier.  Je ne savais pas trop quoi écrire:  Comment témoigner d’un spectacle dont on est le principal interprète? « Score final: 3-2.  Après une première période difficile, Dubé se ressaisi et parvient à conter efficacement en deuxième demie.  Il a néanmoins commis plusieurs erreurs qu’il devra corriger s’il espère se rendre en séries finales… »

Avec le recul de quelques mois, il m’est plus facile de me faire une tête.  Alors que Mme G. et moi nous remettons à l’ouvrage, je peux désormais partager un peu des éléments sur lesquels nous allons nous attarder lors de nos prochaines rencontres.  Notons d’abord que l’exercice a atteint son but, soit celui de récolter un maximum de commentaires pour orienter la suite du travail.  Le spectacle ayant été filmé, j’ai maintenant en main la vidéo.  Un fois passé le malaise de regarder quelqu’un qu’on connait trop bien, elle devient un outil précieux.  J’en ai déjà parlé ici.

Ainsi, plusieurs spectateurs-commentateurs ont souligné un problème avec les transitions entre les contes.  Avec éloquence, la vidéo leur donne raison… Ce sera donc un de nos principaux chevaux de bataille.  La bande montre notamment que j’ai tendance à « laisser tomber » le public entre mes histoires.  Je ne les accompagne pas suffisamment pour rester avec eux dans une émotion, un silence.  Mon regard fuit alors que je suis déjà ailleurs en train de préparer le conte suivant.

Par ailleurs, j’ai souvent tendance à ajouter un commentaire, une pensée philosophique, une morale à la fin de mes histoires.  Je comprends mieux maintenant en quoi ce n’est pas très intéressant à regarder, ni même toujours à entendre.  Surtout, je réalise aussi que c’est manquer de confiance en mon public qui est bien capable de se faire sa propre idée à la suite d’une histoire.  Sous prétexte de « protéger » mon public (ou est-ce plutôt parce que j’ai peur de ne pas pouvoir en supporter la charge émotive), j’atténue le caractère percutant de certaines finales.  D’autre part, parce que j’en rajoute, cela créé une seconde (et parfois même une troisième) fin, si bien qu’on ne sait pas toujours qu’un conte est terminé.  Re-problème au niveau des transitions…

Il y a aussi un des contes dont personne n’a parlé (le dernier de la première partie que j’appelle « Le prophète et le berger ») pas plus pour en dire du bien que pour en souligner les défauts.  Pour Mme G. et moi, c’est symptomatique: celui-là a raté sa cible…  On travaillera donc à lui redonner du corps.  S’il ne s’améliore pas, on coupera.

La vidéo est évidement impardonnable quant aux gestes qui « sonnent » faux, aux descriptions trop longues (ça m’arrive parfois, quelle surprise!), aux tics, aux changements de niveau de langage, aux phrases moins bien articulées.  Mais elle permet également de voir que du chemin a été parcouru, qu’il y a des moments où « ça marche vraiment ».  Ces instants là sont à garder et on a donc moins besoin de s’y attarder.  Et cela aussi, c’est très précieux.  Ça permet de gagner du temps.

C’est donc une seconde étape du travail qui s’amorce, alors que l’automne sera ponctué de vraies représentations de ce spectacle (sans le filet des amis critiques) qui viendront elles aussi nourrir la réflexion et les rencontres de pratique.

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