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Il semble qu’avec mon dernier billet sur la liberté du conteur, j’aie mis le doigt sur une question qui suscite certaines passions. Du moins, plusieurs semblent avoir une opinion sur le sujet. Je réfère le lecteur aux interventions passionnantes de Robert Bouthiller et de Marc Aubaret que je remercie de leurs contributions très riches. Mais ce n’est pas tout…

Avant même que je n’aie pu publier mon billet où j’expliquais comment son spectacle m’avait amené à réfléchir à cette question, Jérôme Bérubé avait déjà répondu à mes interrogations par un long texte dont je présente ici certains extraits qui me semblent les plus susceptibles de nourrir la discussion : Lire le reste de cette entrée »

[Le 16 octobre dernier, nous avons été plusieurs à rendre hommage à Petronella Van Dijk, ma fée-marraine, qui a porté le Festival à bout de bras pendant vingt ans. Quand on m’a approché pour que je rédige quelque chose à son attention, comment aurais-je pu refuser?  Si elle n’avait été là, je ne conterais pas.  Je m’étais déjà essayé au pastiche…  Il m’a semblé que c’était une belle occasion de récidiver.]

Mes bien chers frères et sœurs, si notre jubilaire d’aujourd’hui était moins humble et plus pieuse, elle nous aurait sans doute déjà enseigné la prière suivante… dont je vous demanderais de répéter le dernier vers de chaque strophe.  Vous n’êtes pas obligés de vous agenouiller. Lire le reste de cette entrée »

 J’ai fait ma maîtrise à l’Université Concordia de Montréal.  J’ai donc reçu il y a environ un mois une invitation de mon alma mater pour assister à la prestation de la conteuse britannique d’origine jamaïcaine Jan Blake.  Un peu surpris que cette institution offre à ses diplômés d’assister à des spectacles de contes, j’ai d’abord pensé ne pas y aller. Lorsque Stéphanie Bénéteau et d’autres m’ont dit à quelle point il s’agissait d’une conteuse exceptionnelle qu’il ne fallait absolument pas manquer, j’ai pris des arrangements pour être dans la métropole le 14 novembre dernier, soir de la performance de la dame.

Et quel spectacle !  Des histoires puissantes (de la Côte d’ivoire, du Kenya) livrées avec brio par une conteuse charismatique et toujours juste.   Des images claires et directes comme des flèches.  Des mots recherchés, choisis, mais jamais pompeux.  Une aisance dans le jeu et dans la voix qui trahissent à peine les heures de travail requises pour que « ça ait l’air aussi facile ».   Lire le reste de cette entrée »

[Dans le cadre du récent Festival Les jours sont contés en Estrie, on m’a demandé de rédiger certains textes.  Pour en garder trace, mais aussi parce des gens ont souhaité y avoir accès, je compte les déposer ici dans les prochains jours.  Aujourd’hui, un portrait de Mike Burns, conteur qui a grandement influencé ma « vocation ».  La commande était costaude parce que Christian-Marie Pons avait déjà écrit un magnifique texte en préface de Raconte-moi que tu as vu l’Irlande, texte d’ailleurs repris dans le plus récent numéro de La grande oreille, consacré à la parole du Québec.  Mais y’a aussi que Mike conte cette année depuis cinquante ans.  Je voulais à ma manière saluer une vie traversée d’histoires…]

Adolescent, je rêvais de vertes prairies, de hameaux chaleureux, de châteaux dans la brume….  Aujourd’hui, Mike Burns me donne accès à ce pays disparu, plus pastoral, communal et magique.

Ses histoires sont « Quelques fois si grande[s] que je rêve d’Irlande où nous irons un jour / Si le temps sur nous ne s’arrête pas » (Michel Rivard, Jamais à la mode).

Des histoires bouleversantes, racontées dans une langue drue et rugueuse, vive et souple, en français, en anglais, en gaélique (rien que pour la musique des mots).

Sa parole – plus de cinq cents contes, dit-on – est riche de différents répertoires :

  • De truculentes histoires de villages du Comté de Kerry au XVIIIe siècle;
  • Des récits à saveur historique sur l’épopée d’immigrants irlandais venus creuser le Canal Rideau ou sur la colonisation des Cantons de l’est;
  • Et mes préférées : des mythes immémoriaux du temps avant le temps où « les oiseaux faisaient leurs nids dans les barbes des vieillards ».  Des histoires de dieux, de héros, de fées…

Vous avez peut-être su qu’il conte les yeux fermés?  Personnellement, je me trouve aspiré par les images cachées derrière ces yeux clos.  J’ai envie de voir ce qu’il voit, d’entrer dans ses souvenirs.

Et c’est beaucoup à l’entendre que j’ai eu envie de conter à mon tour.

Je garde en tête une soirée de pleine lune où, la bière aidant, des leçons sur l’art du conte filtraient.  C’est là qu’il m’expliqua qu’en aïkido on apprend certaines prises en les « volant » aux maîtres.  Le maître ne donnera pas sa technique; il va s’exécuter et c’est à l’apprenti d’aiguiser son sens de l’observation.

C’est pourquoi, lorsqu’il ferme les yeux, j’ouvre l’âme…  Je voyage et j’apprends.

C’est tout bientôt.  Il reste moins de deux semaines.  Du 11 au 21 octobre 2012.  Et la ville sera envahie d’êtres chers aux verbes agiles.  C’est d’autant plus vrai que pour les 20 ans la Fée-marraine allait convoquer les fidèles, les visages qu’on a connu et que l’on demande à revoir sans quoi… Ça ne serait pas le Festival!  Je ne sais pas si les Estriens réalisent la qualité d’artistes qu’ils auront à proximité…

Qu’est-ce que le renard disait au Petit Prince déjà ?  Éplucher le programmes pour « s’habiller le coeur »… mais aussi parce que ça devient un marathon d’organisation avec la petite famille ! Lire le reste de cette entrée »

Mon amie Alice me pose une question.  Accrochez-vous, elle est costaude :

« Depuis le temps qu’on se connaît et que je lis ton blog […] [j]’apprécie toujours les thématiques que tu soulèves, questionnes et commentes. […] Je suis pour ma part beaucoup moins logique et sensée qu’instinctive, et inscrite à l’école du sensitif plutôt qu’à celle de la réflexion. Par exemple, je ne me suis jamais posé la question de quel type d’histoires je raconte. Je n’y ai jamais fait attention. Et je ne sais pas si c’est important pour moi, malgré le fait que c’est sûrement intéressant (bien que cela – les classifications – m’aie souvent semblé rébarbatif et peu propice à la liberté de rêver).

Quand je raconte ou prépare ou écris un conte, même s’il y a une phase où je cherche, où je me documente, après j’y vais en bloc ou bien pas à pas, mais au jugé, au pif, à l’instinct, à la sensation… Je n’ai jamais l’impression de réfléchir beaucoup, même si c’est peut-être ma façon de réfléchir. J’essaie juste de « sentir » si ça marche ou pas. Et dans tous les cas – je le note pour moi-même tout en te l’écrivant – je ne cherche que très rarement le « pourquoi » des choses. Ça marche ? Ça marche. Ça ne marche pas ? J’essaie autrement. C’est bête, j’aurais peut-être plus de facilité à enrayer mes tics et mes erreurs avec plus de réflexion bien orientée.

Mais voilà que j’en viens à ma question: qu’en est-il, selon toi, de l’instinct dans la création d’un spectacle, d’une histoire (on pourrait presque élargir au fait de créer tout court) ? Quelle est sa place ? Doit-on tout penser, tout réfléchir, tout classer ? Peut-être n’est-ce-qu’une question de caractère ? Ou d’une mémoire enfouie, éventuellement plus qu’ancienne et commune, mâtinée de sensations très profondes et primordiales, qui ne demandent qu’à ressurgir au moment opportun ? »

Pfff!  T’en as d’autres faciles comme ça, Alice ?  Bon, je veux bien essayer de répondre.  Vous êtes bien accroché ? Lire le reste de cette entrée »

Quelques mots pour vous reparler du travail sur le spectacle Les uns et les ours que j’évoquais dans un billet en mai dernier.  Nous le présenterons mardi le 16 octobre prochain, à la Maison des arts de la parole (anciennement Productions Littorale), dans le cadre du Festival Les jours sont contés en Estrie.

D’abord, un coup de chapeau à mes collègues Ours cordialOurs insolite et Boucles d’or.  Vous avez fait de cette aventure de création collective une véritable fête où les références communes (inside jokes), les contributions spécifiques de chacun, le sérieux de la démarche (enrobé d’humour) m’ont permis de goûter à nouveau un certain idéal de communauté artistique.  C’est rarement aussi joyeux et aussi simple.  Si je peux revendiquer d’avoir lancé l’idée et de vous avoir recrutés, vous vous êtes complètement approprié le projet et nous porterons tous ensemble la réussite ou non du spectacle. Lire le reste de cette entrée »

Toutes ces réflexions autour de l’immersion et de la sérendipité sont bien sûr inspirées par le projet sur lequel je travaille dans le moment avec les collègues Ours cordial, Ours insolite et Boucles d’or.  [Je me suis totémisé moi-même « Ours perplexe », pour vous servir…] Titre de travail : Le bal des ours.  Pour le 2oe anniversaire du Festival Les jours contés en Estrie (octobre 2012), nous sommes à préparer, vous l’aurez compris, un spectacle avec quatre histoires ursines (une par conteur).

Je m’attaque personnellement au conte de «Jean de l’ours » (AT 310B).  Un gros morceau.  Comme c’est un archétype qui existe dans les univers culturels européen, asiatique et amérindien, j’ai l’embarras du choix des versions… et des péripéties.  Pas de rareté ici; le travail en est plutôt un de filtrage des éléments qui me parlent le plus et de synthèse personnelle.  Si le début du conte est assez stable dans l’ensemble des versions que je lis, les derniers épisodes (notamment les aventures du héros dans « le monde souterrain ») vont dans plusieurs directions.  À moi de choisir ce qui me semble le plus signifiant pour en faire un récit cohérent.  Respecter l’histoire, tout en lui donnant ma couleur, mes motifs. Lire le reste de cette entrée »

Hiatus : « solution de continuité, espace entre deux choses dans une chose. Interruption.»  Provient du latin hiare : être béant.

Je cherchais les mots pour traduire mon état d’esprit et expliquer ma trop longue absence en ce début d’année.  Voilà : je me sens béant.  Une plaie.  Un gouffre.

Passage à vide.   Une succession de grippes m’aura mis moralement K.O.   Je file un mauvais coton.  C’est la saison… Lire le reste de cette entrée »

Le conteur et père de famille formé à l’études des médias que je suis (téléphage de surcroît) n’a pas manqué de s’apercevoir qu’on lançait en grande pompe, au mois d’avril dernier, une nouvelle série télé destinée aux enfants d’âge préscolaire: 1, 2, 3… Géant, souvent décrite comme un conte télévisuel. Du reste, il était difficile de ne pas le savoir, avec trois ministres (Éducation, Culture, Famille) qui s’étaient déplacées pour l’occasion et toute la presse média et télé qui en parlait alors.  Tout le monde voulait s’associer au projet.

Les attentes sont… gigantesques.  Il faut dire que derrière l’émission on retrouve certains des concepteurs de plusieurs succès de la télévision jeunesse québécoise : Pin-pon, Cornemuse, Toc-toc-toc et, bien sûr, Passe-Partout.  Notamment Mme Carmen Bourassa, co-conceptrice et co-productrice, que j’ai eu la chance de rencontrer (mais j’y reviendrai). Lire le reste de cette entrée »