You are currently browsing the tag archive for the ‘pratique’ tag.

[Le 16 octobre dernier, nous avons été plusieurs à rendre hommage à Petronella Van Dijk, ma fée-marraine, qui a porté le Festival à bout de bras pendant vingt ans. Quand on m’a approché pour que je rédige quelque chose à son attention, comment aurais-je pu refuser?  Si elle n’avait été là, je ne conterais pas.  Je m’étais déjà essayé au pastiche…  Il m’a semblé que c’était une belle occasion de récidiver.]

Mes bien chers frères et sœurs, si notre jubilaire d’aujourd’hui était moins humble et plus pieuse, elle nous aurait sans doute déjà enseigné la prière suivante… dont je vous demanderais de répéter le dernier vers de chaque strophe.  Vous n’êtes pas obligés de vous agenouiller. Lire la suite »

[Ce texte est en fait la reprise et l’adaptation d’une contribution au numéro d’octobre-novembre 2009 du Bulletin du RCQ.  Dans le cadre du Festival, il visait à présenter le Cercle des conteurs des Cantons de l’est en lien avec les archives de l’évènement.  Le reprendre ici est un peu une façon de souligner l’importance que le Cercle – que j’ai contribué à fonder – a eu et continue d’avoir dans ma pratique.]

Né en 2003 du besoin de casser des contes et d’expérimenter avec filet , le Cercle des conteurs des Cantons de l’Est se réunit tous les
premiers mardis du mois. Généralement, une période où sont échangées des nouvelles est suivie d’un temps où ceux qui le souhaitent
peuvent raconter et recevoir des commentaires de leurs pairs. Cette rétroaction amicale leur permet de peaufiner leurs histoires avant d’affronter le « vrai » public.

Lire la suite »

Une fois le conte choisi, avant de l’amener à la scène, la conteuse ou le conteur passe du temps avec son histoire.  S’il s’agit d’abord d’un exercice de mémorisation, c’est souvent beaucoup plus.

Quelle différence entre apprendre une histoire par coeur et l’incarner jusqu’à la connaître « par corps » ? Entre retenir les péripéties dans le bon ordre séquentiel et maîtriser complètement une trame narrative jusqu’à saisir la pertinence du moindre détail sur la signification profonde du récit ?  Et est-ce vraiment nécessaire pour bien conter? Lire la suite »

En rédigeant mon dernier billet sur l’écriture de nouveaux contes, j’avoue que j’avais espoir qu’un certain nombre de conteurs qui pratiquent le conte de création – dont Nicolas Rochette – y répondent.  Or, voilà que Nicolas publie sur la page Facebook de Planète Rebelle un manifeste (!?) passionnant intitulé « Oser voir les frontières ».  Ce n’était probablement pas son intention, mais je veux y voir une réponse même si Nicolas se situe clairement au-delà du (vieux) débat que je voulais réinvestir.

Bien que de savoir repérer lesdites frontières soit un a priori (il s’agit pour Nicolas de « l’utilisation systématique de l’espace scénique, de l’instauration d’une valeur marchande de nos performances et de la linéarité du fil narratif du conteur qui DOIT être limpide » [mes emphases]), le sieur Rochette démontre bien qu’il est prêt à les transcender au nom de l’exploration et du développement de notre art.  Il invite les conteurs à le suivre.

Je prendrai certainement le temps de réagir à ce texte important.  Pour le moment, je voulais surtout signaler son existence.

Le seul défaut, c’est que ce n’est pour le moment accessible qu’à ceux qui ont un compte Facebook…

MAJ 30 juin 2011 : Planète Rebelle vient de publier le texte de Nicolas sur son blogue, dans la section « Prise de parole ».  C’est donc accessible à tous.

La visite de Bruno de La Salle au Québec en décembre 2010 m’a donné l’occasion de me replonger dans deux ouvrages qu’il a respectivement signé et co-signé.  Il s’agit du Conteur amoureux (Casterman, 1995) et du Murmure des contes (entretiens avec Henri Gougaud, recueillis par Isabelle Sauvage, Desclée de Brouwer, 2002). Je les avais déjà traversés, mais je crois que cette fois-ci je les ai réellement découverts; tant il est vrai qu’il y a des lectures ou des leçons que l’on ne reçoit pas si l’on n’est pas encore prêt à les accueillir.  Pour moi, ces livres devraient figurer dans toutes les bibliothèques de conteur ou conteuse, alors qu’on y trouve de nombreuses réflexions sur notre pratique.  En relisant, j’ai pris de nombreuses pages de notes qui viendront enrichir de futurs billets (notamment sur la formation des conteurs et la constitution d’un répertoire).  Je souhaite néanmoins en partager quelques extraits avec vous dès aujourd’hui…

Je suis très conscient de ne pas avoir donné de nouvelles sur ce blogue quant au résultat de mon exercice public dont j’ai amplement parlé au printemps dernier.  Je ne savais pas trop quoi écrire:  Comment témoigner d’un spectacle dont on est le principal interprète? « Score final: 3-2.  Après une première période difficile, Dubé se ressaisi et parvient à conter efficacement en deuxième demie.  Il a néanmoins commis plusieurs erreurs qu’il devra corriger s’il espère se rendre en séries finales… »

Avec le recul de quelques mois, il m’est plus facile de me faire une tête.  Alors que Mme G. et moi nous remettons à l’ouvrage, je peux désormais partager un peu des éléments sur lesquels nous allons nous attarder lors de nos prochaines rencontres.  Notons d’abord que l’exercice a atteint son but, soit celui de récolter un maximum de commentaires pour orienter la suite du travail.  Le spectacle ayant été filmé, j’ai maintenant en main la vidéo.  Un fois passé le malaise de regarder quelqu’un qu’on connait trop bien, elle devient un outil précieux.  J’en ai déjà parlé ici.

Ainsi, plusieurs spectateurs-commentateurs ont souligné un problème avec les transitions entre les contes.  Avec éloquence, la vidéo leur donne raison… Ce sera donc un de nos principaux chevaux de bataille.  La bande montre notamment que j’ai tendance à « laisser tomber » le public entre mes histoires.  Je ne les accompagne pas suffisamment pour rester avec eux dans une émotion, un silence.  Mon regard fuit alors que je suis déjà ailleurs en train de préparer le conte suivant.

Par ailleurs, j’ai souvent tendance à ajouter un commentaire, une pensée philosophique, une morale à la fin de mes histoires.  Je comprends mieux maintenant en quoi ce n’est pas très intéressant à regarder, ni même toujours à entendre.  Surtout, je réalise aussi que c’est manquer de confiance en mon public qui est bien capable de se faire sa propre idée à la suite d’une histoire.  Sous prétexte de « protéger » mon public (ou est-ce plutôt parce que j’ai peur de ne pas pouvoir en supporter la charge émotive), j’atténue le caractère percutant de certaines finales.  D’autre part, parce que j’en rajoute, cela créé une seconde (et parfois même une troisième) fin, si bien qu’on ne sait pas toujours qu’un conte est terminé.  Re-problème au niveau des transitions…

Il y a aussi un des contes dont personne n’a parlé (le dernier de la première partie que j’appelle « Le prophète et le berger ») pas plus pour en dire du bien que pour en souligner les défauts.  Pour Mme G. et moi, c’est symptomatique: celui-là a raté sa cible…  On travaillera donc à lui redonner du corps.  S’il ne s’améliore pas, on coupera.

La vidéo est évidement impardonnable quant aux gestes qui « sonnent » faux, aux descriptions trop longues (ça m’arrive parfois, quelle surprise!), aux tics, aux changements de niveau de langage, aux phrases moins bien articulées.  Mais elle permet également de voir que du chemin a été parcouru, qu’il y a des moments où « ça marche vraiment ».  Ces instants là sont à garder et on a donc moins besoin de s’y attarder.  Et cela aussi, c’est très précieux.  Ça permet de gagner du temps.

C’est donc une seconde étape du travail qui s’amorce, alors que l’automne sera ponctué de vraies représentations de ce spectacle (sans le filet des amis critiques) qui viendront elles aussi nourrir la réflexion et les rencontres de pratique.

Dans le dernier numéro du Bulletin du RCQ, le conteur Jacques Falquet de Gatineau – que j’ai eu le plaisir de côtoyer à plusieurs reprises lors de formations – nous présente la grille qu’il a élaborée pour tenir compte de la multiplicité des formes que peut prendre le conte au Québec.  C’est cette grille qu’il avait présentée à la Rencontre internationale sur le conte tenue à Sherbrooke en octobre dernier.  Jocelyn Bérubé l’avait alors malicieusement baptisée le « code Falquet », en clin d’oeil à un autre code plus médiatisé…

Postulant avec générosité que toute personne qui affirme faire du conte en fait effectivement, Jacques remarque néanmoins que ce même vocable regroupe plusieurs pratiques extrêmement diverses.  Il propose que ces pratiques peuvent se placer sur 9 intervalles regroupés en trois grandes catégories, soit la matière, la manière et la connivence.  Je reproduis ici la grille pour en faciliter la consultation en lien avec mon propos, mais  aussi pour participer à sa diffusion parce que suis convaincu qu’il s’agit d’un jalon important dans la réflexion critique en vue de mieux comprendre nos pratiques.

Dimension Définition De À En passant par
La matière Du proche Au lointain
La source L’origine du récit Bouche à oreille Création Archives sonores et écrites, livres, films, etc.
Le genre Le type de récit Récit de vie Mythe Nouvelle, épopée, roman courtois, légende, conte
Le matériau La véracité du récit Documentaire Fiction Docudrame, etc.
La manière Du peu défini Au fixé
L’appui La base de l’expression Uniquement des images Uniquement un texte écrit Toute combinaison des deux
La mise en scène Mouvements et scénographie choisis d’avance Absente Élaborée Dépouillée
La langue Le niveau de langue Populaire Littéraire Tout ce qu’il y a entre les deux
La connivence Du proche Au lointain
La relation La connivence narrateur-public Familière Solennelle Tout ce qu’il y a entre les deux
Le lieu La spécialisation du lieu Convivial (salon, café, bibliothèque) Scénique Tout ce qu’il y a entre les deux
Les choix de récits Qui choisit le récit à quel moment Par le conteur sur place Par le public d’avance Par le conteur d’avance ou par le public sur place

Source: Falquet, Jacques, « Comment parler du conte au Québec, aujourd’hui », Bulletin du RCQ, no.17, mars-avril 2010, Montréal, pp. 9 à 11)

Dans l’article, pour illustrer l’utilisation de sa grille, Jacques donne en exemples les « profils codés » des pratiques de Jocelyn Bérubé, Fred Pellerin, Stéphanie Bénéteau et Renée Robitaille.  Je prendrai cette occasion pour auto-analyser ma propre pratique de conte à l’aide de la grille:

Du côté de la matière, mes contes sont essentiellement puisés dans les livres et sur Internet (où j’effectue des recherches pour trouver plusieurs versions d’une même histoire avant de conter) et parfois dans les archives sonores du Centre franco-ontarien de folklore à Sudbury.  Le plus souvent, j’adapte et fini par créer ma propre version à partir d’éléments provenant d’un peu partout. J’ai également quelques contes de création « purs ».  Voilà pour la source.  La plupart de mes récits s’inscrivent dans le genre du conte merveilleux, mais j’ai flirté avec le conte contemporain et même certains mythes.  C’est pratiquement toujours un matériau fictif, mais certaines images peuvent être tirées de mon vécu.

En ce qui a trait à la manière, je suppose que mes récits « s’appuient sur des images » comme dirait Jacques, puisque le texte n’est pas appris par coeur et que je conte à partir de canevas. Néanmoins, j’effectue souvent un travail d’écriture (en amont ou en aval) pour structurer et mémoriser le récit.  La mise en scène du spectacle que je prépare actuellement est minimale, mais avec Mme G., ma coach chorégraphe, nous avons un souci d’éviter les gestes parasites et de choisir ceux qui parlent le plus, tout en me permettant d’investir davantage l’espace scénique.  La scénographie se limitera à un banc, alors que je m’habille en noir.  J’ai plus de difficulté à qualifier mon niveau de langue. Je dirais que c’est probablement un langage familier mais châtié, en ce qu’on me fait souvent des compliments sur la qualité de mon vocabulaire, mais que j’évite le passé simple et que j’utilise des expressions populaires lorsque je les trouve savoureuses.

La connivence est probablement l’aspect de la grille avec lequel je me débats le plus actuellement.  J’essaie d’entrer davantage en relation avec le public, parce que je suis souvent plus dans ma tête avec mes histoires que dans la salle avec les gens.  Les lieux où je conte sont souvent conviviaux, mais il n’y a pas nécessairement toujours plusieurs possibilités qui me sont offertes.  Il est vrai que j’aime moins conter sur une scène très élevée.  Enfin, je choisis pas mal toujours d’avance les contes que je vais interpréter, en me donnant la possibilité d’en changer sur place si je m’aperçois que l’ambiance commande un récit vraiment différent.

Il m’est arrivé quelques fois ces derniers temps d’entendre ou de lire des collègues affirmer que, maintenant qu’ils avaient appris leurs contes par coeur, ils étaient prêts à les conter…

Quand est-ce qu’on est prêt à conter un conte? Sitôt qu’on l’a lu quelques fois? Dès qu’on maîtrise la trame du récit? Quand on n’en peut plus et qu’il nous « brûle la langue »?

Une des choses que je suis en train de réapprendre de Mme G., c’est qu’une fois le conte appris, le travail de création du conteur peut commencer.  En formation, Jihad Darwiche évoquait déjà le fait qu’une histoire choisie et mémorisée, c’est l’arbre que l’on est allé trouver et couper dans la forêt.  Avant qu’il ne devienne la sculpture – l’oeuvre – que l’on veut en faire, il reste pas mal de travail…  Et ça, c’est sans compter le sablage et le polissage afin d’adoucir les imperfections, puis les multiples couches de vernis pour faire briller!

C’est donc que des contes choisis et retenus par coeur ne sont pas encore « créés ».  Mme G. parle de se réserver des « espaces de création ».  Michel Hindenoch mentionnait l’importance de se donner des moments « perdus » pour « rêver son conte », en créer les images dans sa tête, jusqu’à ce qu’elles deviennent très nettes.  Mais je crois qu’il y a plus…

Il s’agit de répéter inlassablement ses histoires seul dans son salon – ou, dans mon cas, en marchant dans le bois – jusqu’à faire corps avec elles, jusqu’à ce quelles deviennent une seconde nature.  Puis, il faut expérimenter, tenter de nouveaux mouvements, des manières de dire différentes, essayer d’appuyer de différentes façons sur certains mots, avec différentes formules.  Qu’est-ce qui coule en bouche?  Qu’est-ce qui a le plus d’effet?  Tout cela, bien sûr, en évitant « la cassette » ou le récit figé qui sonnerait faux.

Oui, mais voilà, la conteuse ou le conteur qui pratique seul ne reçoit pas la rétroaction du public qui lui laisse connaître l’impact de ses paroles.  Il ou elle ne bénéficie pas de la relation avec l’auditeur, si essentielle à son art.  Comment palier?  Personnellement, je ne crois pas beaucoup à s’exercer devant le miroir…

Serait-ce qu’il faut devenir diseur… et son propre auditeur à la fois?  Les cercles de conteur aident à conter « avec filet », mais les rencontres sont encore trop espacées dans le temps.  Les micros-libres sont un banc d’essai intéressant, mais on est déjà en représentation et l’on doit assez respecter son public pour ne pas lui servir quelque chose qui ne soit pas encore « à point ».

Ce qui me ramène au coaching qui permet un accompagnement individualisé, à condition de pouvoir se le permettre.  Sauf qu’il y a aussi tout un travail à faire seul, entre les rencontres, afin de maximiser l’impact de ces dernières.  On n’en sort pas.  C’est ce travail supplémentaire, ces « devoirs », que je n’avais pas vu venir et qui me font apprécier d’autant plus ce qu’il faut de temps et d’énergie pour bien conter.  J’étais fier de consacrer un temps hebdomadaire à mon hobby, avec une personne que je « me payais » pour m’entendre et me relancer.   Me voilà confronté au fait que, dans un monde idéal, mon art devrait être nourri quotidiennement. Et que je dois le faire seul, encore.

Et vous, comment vous y prenez vous pour travailler seuls vos contes?

Je pense que je commence à réaliser ce qui est en jeu.  Le travail à faire…

Je savais que ce ne serait pas une simple promenade, mais c’est seulement en découvrant de quoi il allait être question dans ces ateliers de coaching que j’ai perçu l’ampleur du labeur qui m’attend.  Et pas seulement pour ce projet de spectacle-ci.  Pour toute ma vie de conteur…

On nous parle souvent qu’il faut conter mieux, qu’il faut être davantage présent.  Porter l’histoire à chaque mot…  Au fond, quand est-ce qu’on va vérifier ce que ça veut réellement dire?  Mme G. est en train de me le faire vivre.

Et c’est là qu’on voit vraiment jusqu’où ça peut aller.

De l’extérieur, ça peut sembler zinzin : conter ses histoires en courant dans tous les sens, conter avec la spectatrice dans le dos, conter en illustrant tout au maximum avec les mains.

Mais quand l’on découvre qu’à chaque nouvelle direction vers laquelle on court, il faut que le regard soit dirigé, que l’intention soit précise.  Que quand on ne voit pas son public et qu’elle nous dit dans le dos « Je te perds », on se rend d’autant compte de ce qui arrive « en nous » quand la présence manque et que « ça ne passe plus ». Qu’à travers toutes ces gesticulations s’invitent des mouvements parasites qui sont là en tout temps… et qu’on commence à les remarquer!

De l’intérieur même, ça apparaît parfois zinzin au cube : Debout, sans forcer, se bercer très doucement d’avant (futur)-arrière (passé) pour retrouver son point central dans le présent.  Tanguer subtilement de gauche (yin) à droite (yang) pour retrouver sa totalité entre le féminin et le masculin.  Osciller délicatement en spirale jusqu’à ressentir le principe d’énergie. En ouvrant successivement les « trois portes » (nuque, plexus, bassin), onduler à la manière d’une algue pour réapprendre la fluidité

 

Mais quand l’on finit par comprendre qu’on est à la recherche d’une verticalité pour le corps, d’un lien fort entre ciel et terre qui permet d’être solide dans ses histoires, de s’ancrer pour mieux les incarner (et je ne parle pas d’en interpréter les personnages). Que lorsque l’on se tient droit, le regard à l’horizontal et les membres dégagés, l’histoire passe mieux vers le public, le message circule plus directement.  Que cette fluidité, elle permet de raconter en souplesse le drôle comme le dramatique…

On dit « Merci, Mme G. », on ferme sa gueule et on repart à courir.

Début demain soir de mon travail coaché en préparation de mon premier spectacle solo « officiel ».  Une quinzaine de rencontres semi-hebdomadaires avec Mme G. jusqu’à la représentation début mai. Un programme ambitieux:  travail sur la constance, l’énergie, les tics, le regard, le rythme, etc.  J’ai hâte de commencer, bien sûr, mais je vis aussi pas mal d’anxiété.  Un peu de trac à me demander ce que je m’en vais faire dans cette galère…  C’est sûr que ce serait plus facile de passer mes prochains mardis et mercredis soirs à écouter la télé ou à me coucher de bonne heure pour être en forme le lendemain au bureau.

Un ami conteur me souhaitait de l’inspiration.  Si l’adage qui veut que l’art soit 10 % d’inspiration et 90 % de transpiration a du vrai, je pense que j’en suis à la seconde partie.  Le show est monté (les contes sont choisis, les liens partiellement bâtis – d’autres surgiront je suppose), le vrai travail commence.  Si j’ai un tant soit peu d’intégrité artistique, et compte tenu de toutes les personnes que j’ai critiquées (le plus souvent à leur demande – je m’excuse pour les autres), je me dois d’être aussi exigeant envers moi-même.  Le fait est que j’ai une tendance naturelle à être paresseux…

Je ne m’en vais pas à un programme d’entraînement pour un match de boxe ou une compétition olympique, pas plus que je ne m’en vais en thérapie. Reste que j’ai bien l’impression que je vais être mis en face de choses de moi que je n’aime pas particulièrement.  Des manières de faire, de me tenir et de dire qu’il ne sera pas toujours évident de détricoter.  C’est pour ça le coaching, pour le miroir.  Y’aura sûrement des moments où je vais me demander si le jeu en vaut la chandelle, si je ne me prends pas pour le conteur que je ne suis peut-être pas finalement.

Je vais tenter de tenir ici le journal de ce travail en route vers un spectacle.   Toujours dans l’optique de ce blogue: Pour moi d’abord, pour réfléchir à ce qui se passe; prendre du recul.  Mais avec vous…  Pour ce que ça peut susciter d’échanges et de réactions.  Un oeil dans les coulisses d’un show à venir, en somme. Possible que je ne vous réponde pas toujours parce que je serai dans le processus, mais je lirai tout.  Je m’en fais un devoir.

Souhaitez-moi donc de la persévérance.